La Moldavie cherche désespérément un président…

12 Nov

Par Mehdi CHEBANA

Pour la troisième fois cette année, le parlement de Chişinău a échoué mardi à élire un président pour l’ancienne république soviétique. Les députés communistes ont tous boycotté le scrutin pour protester contre la candidature de Marian Lupu, leur ancien champion passé dans le camp de l’Alliance pour l’intégration européenne. Un nouveau vote aura lieu d’ici un mois : s’il échoue, des législatives anticipées devraient être organisées après juin 2010.

Le siège de la présidence moldave

Publié le 12 novembre 2009 dans Le Courrier des Balkans

Ancien homme fort du Parti des communistes (PCRM), président du parlement entre 2005 et 2009, le tout récent président du Parti démocrate, Marian Lupu, était l’unique candidat en lice à la présidence du pays.

Mais seuls les 53 députés de l’Alliance pour l’intégration européenne (AIE) ont voté pour lui mardi, les 48 membres de son ancien parti choisissant de boycotter le scrutin, notamment pour punir son acte de « trahison ».

Le seuil requis pour permettre l’élection du président étant fixé à 61 sur les 101 sièges que compte le Parlement, les communistes ont donc gagné la manche. Et Marian Lupu devra encore attendre.

« Participer à cette farce politique revient à approfondir la crise qui frappe ce pays et à cautionner l’instauration d’un régime anti-national, dictatorial et radical », a lancé, avant le vote, Maria Postoico, la présidente du groupe communiste à l’assemblée.

Un nouveau vote devrait avoir lieu d’ici un mois et le chef de l’État par intérim, Mihai Ghimpu, s’est dit confiant de voir Marian Lupu enfin élu à cette occasion. Depuis plusieurs semaines, des voix dissidentes dans les rangs communistes laissent entendre qu’elles pourraient soutenir le candidat en échange de concessions.

Si le prochain vote débouche une fois encore sur une impasse, Mihai Ghimpu devra dissoudre le parlement et organiser de nouvelles législatives. Cependant, la date de ces élections ne pourra pas être établie avant juin 2010, car la législation moldave n’autorise pas deux dissolutions du parlement – et donc deux élections anticipées – en moins d’un an.

Sept mois de crise politique

Les législatives du 5 avril dernier [1] n’ont pas donné aux communistes suffisamment de sièges pour que leur leader Vladimir Voronine, qui ne pouvait prétendre à un troisième mandat présidentiel, puisse faire élire le successeur qu’il s’était choisi.

Échouant à deux reprises à élire un nouveau président pour le pays, l’Assemblée fraîchement élue a donc dû être dissoute. De nouvelles élections, organisées le 29 juillet, ont donné aux partis d’opposition plus de sièges qu’aux communistes, mais il leur en manque toujours huit pour faire élire leur propre candidat.

Notes
[1] L’annonce des résultats a été suivie d’émeutes au cours desquelles les sièges de la Présidence et du Parlement ont été mis à sac par une partie de la jeunesse, descendue dans les rues pour dénoncer une fraude massive.

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