La Transnistrie fête les 20 ans de son indépendance

4 Sep

Traduit par Mehdi CHEBANA

Il y a 20 ans, la région sécessionniste moldave de Transnistrie proclamait son indépendance vis-à-vis du pouvoir central de Chişinău. Un anniversaire célébré en grande pompe à Tiraspol, et vivement salué par la Russie qui, comme l’ensemble de la communauté internationale, n’a pourtant jamais reconnu formellement cette indépendance. L’édito au vitriol du journaliste moldave Gheorghe Budeanu, qui dénonce l’expansionisme russe dans la région.

La Transnistrie, coincée entre la Moldavie et l’Ukraine

Publié le 2 septembre 2010 dans Timpul

La république autoproclamée de Transnistrie célèbre, ces jours-ci, le 20e anniversaire de son indépendance. De l’autre côté du fleuve Nistru – qui sépare la Moldavie de cette petite bande de terre séparatiste, les drapeaux transnistriens et russes flottent avec fierté, audace et dans un esprit de provocation animé par des soldats d’à peine vingt ans.

Les autorités de Tiraspol, la capitale, se sont massivement préparées pour l’événement. Partout, à l’exception des villages de Molovata Nouă, Cocieri, Corjova, Coşniţa, Pârâta et Doroţcaia qui restent sous adminitration moldave, elles ont renforcé la propagande pro-russe et anti-moldave en organisant des manifestations devant des centaines de monuments et de statues à la gloire d’anciens cadres militaires de l’armée russe qui ont gagné des batailles historiques sur le Nistru. Elles ont décoré et attribué des aides aux activistes séparatistes, aux gardes et aux cosaques qui ont tué les Moldaves lors de la guerre civile de 1992.

Elles ont courru à Moscou à la recherche de recommandations et de nouvelles sommes d’argent. Elles ont glorifié la reconnaissance par Moscou de l’Abkhazie et de l’Ossetie du Sud, à l’issue de la guerre en Géorgie, suggérant que la même chose pourrait arriver en Transnistrie. Elles ont demandé le renforcement des forces russes pacificatrices sur leur territoire. Elles ont effrayé, autant que faire se peut, les populations locales en agitant « le péril du roumanisme ». Tout ça dans le but de justifier leur œuvre criminelle et pour montrer que l’est de la République de Moldavie était une terre russe.

Bien entendu, la Russie est sur le point d’atteindre son objectif sur ce territoire qui est une tête de pont vers les Balkans, aux abords de la mer Noire et de l’embouchure du Danube. Depuis un certain temps, elle ne cherche même plus à cacher cet objectif et, après être restée impunie par les organisations internationales pour la guerre orchestrée en Géorgie-Ossétie du Sud, elle devient de plus en plus agressive dans l »utilisation de ses anciennes enclaves ex-soviétiques au fort intérêt géostratégique.

La vérité, c’est que, ces jours-ci, à Tiraspol, on ne fête pas l’anniversaire de l’indépendance autoproclamée de la république de Transnistrie mais le succès de 20 années de politique expansionniste russe sur le Nistru.

Depuis plusieurs années, j’entends à chaque fois la même question :« que va-t-on faire de notre Transnistrie ? » Ceux qui ne veulent pas comprendre le contexte géopolitique de la région retiennent l’hypothèse du Prince charmant qui défait le nœud gordien : « on s’en débarasse et on s’unit avec la Roumanie ». Facile à dire, même si l’on a de la peine pour les Moldaves qui resteront en région séparatiste Pourtant, aucun pays n’est prêt à accepter cette solution : ni la Russie, ni les pays européens et asiatiques qui redoutent l’expansion de l’Otan jusqu’au Nistru, ni l’Union européenne qui craint de voir débarquer sur place des bataillons russes et des lance-roquettes dirigées vers l’Occident, comme ça a été le cas en Ossétie du Sud et en Abkhazie où ont été installés des missiles S-300.

Voilà pourquoi, apparemment, toutes les grandes puissances travaillent à la sauvegarde de l’intégrité de la République de Moldavie. Quant à nous, il semble que nous soyons finalement condamnés à étreindre les séparatistes. Tout dépend de qui va réussir à préparer au mieux cette étreinte – la Russie ou alors l’Occident sur le modèle de l’initiative mémorable de la chancelière Merkel [1]

Notes

[1Le 21 juin dernier, la chancelière allemande Angela Merkel a demandé à Moscou de retirer ses troupes de Transnistrie. À l’issue de la guerre civile de 1992, Moscou y avait déployé 1.200 soldats, qui gardaient les installations militaires héritées de la période soviétique, ainsi que 450 soldats de maintien de la paix. Plusieurs centaines d’entre eux officient toujours en région séparatiste.

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