Roumanie : le gouvernement sauvé de la motion de censure

27 Oct

Par Mehdi CHEBANA

Des dizaines de milliers de Roumains ont manifesté, mercredi 27 octobre, devant leur parlement pour réclamer la démission du gouvernement et l’arrêt des mesures draconiennes entrées en vigueur cet été. Une mobilisation d’ampleur qui n’a pas empêché le rejet par les députés d’une nouvelle motion de censure contre l’exécutif du démocrate-libéral Emil Boc. Les syndicats envisagent désormais de déclencher une grève générale.

Le Premier ministre roumain Emil Boc

Publié le 27 octobre 2010 dans Le Courrier des Balkans

Le Parlement roumain a rejeté mercredi une nouvelle motion de censure contre le gouvernement d’Emil Boc que l’opposition accuse « d’incompétence » dans la gestion de la crise économique.

Il a manqué 17 voix pour que passe ce texte présenté par les trois partis de l’opposition – sociaux-démocrates (PSD), libéraux (PNL) et conservateurs (PC). Seuls 219 députés ont voté pour alors que la motion devait réunir 236 pour être adoptée et aboutir à la chute du gouvernement.

Devant l’immense Palais du Parlement, plusieurs dizaines de milliers de personnes – 30.000 selon la police, 80.000 selon les syndicats – ont attendu les résultats du vote en réclamant haut et fort la démission du gouvernement et l’arrêt des mesures d’austérité mises en place par Bucarest pour sortir de la crise.

« À bas le gouvernement ! », « démission ! », « voleurs ! », ont-ils scandé pendant plus de sept heures, sous une pluie fine mais particulièrement glaciale. Parmi eux, de nombreux fonctionnaires – professeurs, infirmières, policiers – mais aussi des retraités, des dockers ou encore des cheminots qui sont venus de tout le pays.

Les représentants syndicaux ont mis un terme au rassemblement après avoir annoncé à la foule « la triste nouvelle de l’échec de la motion de censure ». Ils envisagent désormais de déclencher une grève générale afin de pousser le gouvernement à la démission.

Avec un taux chômage de 8,36% qui a doublé en un an et un recul de la production industrielle qui dépasse les 6%, la Roumanie a été très fortement touchée par la crise internationale. Le pays est entré en récession début 2009, lorsque son PIB s’est contracté de 7,1%, et c’est alors que les autorités ont sollicité un prêt global de 20 milliards d’euros auprès du FMI et d’autres bailleurs internationaux.

Pour satisfaire les exigences de ces bailleurs, Bucarest a décidé de supprimer 100.000 postes de fonctionnaires d’ici la fin de l’année, d’augmenter la TVA de cinq points, à 24%, mais aussi de réduire les allocations chômage de 15%, les salaires des fonctionnaires de 25% et de baisser de façon substantielle les allocations familiales ainsi que les aides versées aux handicapés ou encore aux invalides de guerre.

Malgré les vives oppositions que ce plan d’austérité a suscitées dans tout le pays, le Président Băsescu a récemment annoncé qu’il entendait contracter un nouveau prêt auprès du FMI au printemps prochain. Une mission du bailleur international se trouve actuellement à Bucarest pour évaluer les réformes déjà entreprises par le gouvernement.

Le 15 juin dernier, une courte majorité de députés et de sénateurs avait déjà rejeté une motion de censure déposée par l’opposition sociale démocrate contre le gouvernement d’Emil Boc. Fort de ce succès, ce dernier avait ainsi eu les mains libres pour mettre en œuvre son plan d’austérité qui compte parmi les plus drastiques de l’Union européenne.

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