La Moldavie de nouveau dans la nasse

4 Déc

Par Mehdi CHEBANA

En obtenant 39 % des voix lors des élections législatives de dimanche, le Parti communiste empêche la majorité sortante d’obtenir les 61 sièges nécessaires pour désigner le président de la République.

Le parlement de Chisinau

Publié le 3 décembre 2010 dans L’Humanité

«Encore un vote pour rien, ça devient ridicule ! » À l’image d’Olga, étudiante en marketing, les électeurs moldaves observent, désabusés, l’inanité du jeu politique de leur pays. Les législatives du 28 novembre, les troisièmes organisées en dix-neuf mois, n’ont toujours pas permis de dégager une majorité qualifiée de 61 sièges au Parlement nécessaires pour désigner un président de la République.

Les communistes sont arrivés en tête du scrutin avec 39 % des suffrages mais ils n’ont obtenu que 42 mandats contre 59 à leurs rivaux du Parti libéral-démocrate (PLDM), du Parti démocrate (PDM) et du Parti libéral (PL) qui formaient jusqu’ici une coalition gouvernementale.

Aucune formation n’étant capable d’élire à elle seule le chef de l’État, les semaines à venir s’annoncent agitées dans ce pays, le plus pauvre d’Europe, qui aspire pourtant à une sortie de crise rapide. Vladimir Voronine, le chef de file du PC qui a dirigé la Moldavie entre 2001 et 2009, s’est dit ouvert à toute forme d’alliance avec le PDM, voire le PLDM. Sa formation, que beaucoup disaient sur le déclin depuis les violentes émeutes anticommunistes du 7 avril 2009, a montré qu’elle pesait encore dans le jeu politique.

« Les communistes ont montré qu’ils restaient très populaires même s’ils n’avaient plus en main les instruments du pouvoir », analyse le politologue Florent Parmentier. « Ils ont beaucoup travaillé leur image pour couper court au cliché “parti de vieux pour électeurs à la retraite”. La moyenne d’âge de leurs députés s’élève à quarante-quatre ans et près de la moitié d’entre eux sont des femmes. »

Seule une alliance entre les communistes et les libéraux-démocrates pourrait permettre d’atteindre une majorité qualifiée pour l’élection du chef de l’État. Toutefois, Vlad Filat, le président du PLDM, exclut cette hypothèse : « Nous préférons passer dans l’opposition que de faire une coalition avec le PCRM. » Deux scénarios restent donc possibles. Le premier consiste en une alliance entre les communistes et les démocrates, dans l’ensemble mécontents de leur rôle dans la coalition gouvernementale. « Notre porte est aussi ouverte aux communistes », a lancé Marian Lupu, le chef de file du PDM, en début de semaine.

L’autre scénario serait la formation d’une nouvelle alliance entre le PLDM, le PD et le PL. Mais dans un cas comme dans l’autre, il manquerait quelques voix à la majorité pour élire le président de la République. La seule issue sera donc de débaucher des élus dans le camp adverse pour éviter l’organisation de nouvelles législatives. Un pari presque impossible alors que, depuis un an et demi, aucun élu n’a accepté de retourner sa veste.

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Une Réponse to “La Moldavie de nouveau dans la nasse”

  1. Roland 4 décembre 2010 à 19:47 #

    La Moldavie aussi! Ben dis donc, après la Belgique, la Cote d’Ivoire et maintenant la Moldavie … c’est contagieux ce phénomène!!

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