Les salariés roumains contre l’ultraprécarisation du travail

18 Mar

Par Mehdi CHEBANA

Les syndicats roumains ont réuni 10 000 personnes, mercredi, devant le Parlement à Bucarest pour protester contre le nouveau Code du travail. L’opposition évoque un « retour à l’esclavage ». Grève générale annoncée. Bucarest, correspondance.

Les principales centrales se préparent désormais à la grève générale

Publié le 18 mars 2011 dans L’Humanité

Le Parlement roumain a rejeté, mercredi, une nouvelle motion de censure dans laquelle l’opposition, une alliance entre les sociaux-démocrates, les libéraux et les conservateurs, accusait l’exécutif de centre droit de vouloir réduire les salariés en esclavage en réformant en profondeur le Code du travail. Seuls 212 députés et sénateurs ont voté en faveur du texte, alors que 236 voix étaient nécessaires pour son adoption. « Encore une bataille de gagnée », s’est réjoui le premier ministre Emil Boc, qui faisait face à sa huitième motion de censure en seulement deux ans.

Devant le Parlement, quelque 10 000 salariés sont venus de tout le pays pour réclamer la démission du gouvernement et le retrait du Code du travail adopté le mois dernier malgré l’hostilité des syndicats et d’une majorité de patrons.

Parmi les manifestants, un professeur déguisé en épouvantail enchaîné, mais aussi des métallos, des cheminots, des infirmières, tous hostiles à la suppression des conventions collectives, à la priorité à l’embauche en CDD ou encore à l’allongement des périodes d’essai et de préavis prévues par la réforme. « Vous croyez franchement qu’il faut trois mois pour savoir si un gars fait l’affaire ou non ? s’est indignée Marian, cinquante-deux ans, manutentionnaire dans un supermarché, toutes ces mesures sont prises pour permettre aux patrons d’augmenter leurs profits. »

Malgré cette mobilisation, il est vrai cinq fois inférieure à leurs attentes, les leaders syndicaux préjugeaient déjà, quelques heures avant le vote, de l’échec de la motion de censure. Car la coalition gouvernementale – formée par les démocrates-libéraux, l’Union magyare démocrate de Roumanie et les représentants des minorités ethniques – bénéficie d’une majorité courte mais solide au Parlement.

Les principales centrales se préparent désormais à la grève générale. Celle-ci devrait être déclenchée la semaine prochaine, le jour où le président Traian Basescu recevra le nouveau Code du travail pour le promulguer. Mais pour certains, les chances de réussite sont minces. « Je suis déçu et en colère après l’échec de cette motion et pourtant, je ne m’attends pas à un miracle, confie Rommel Neagu, président de la Fédération nationale des syndicats de l’administration, car je ne suis pas sûr que les salariés roumains se sentent très concernés par cette réforme qui les vise pourtant directement. »

De son côté, l’opposition a saisi, jeudi, la Cour constitutionnelle. Elle dénonce le passage en force du gouvernement qui a préféré engager sa responsabilité sur le texte plutôt que de laisser les parlementaires en débattre. Elle conteste la constitutionnalité de plusieurs dispositions en matière de droit de grève, de droit de travail et de liberté d’association.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :