L’immigration récente en Roumanie

24 Août

Par Mehdi CHEBANA

Près de 7000 Chinois résident officiellement en Roumanie

Publié le 15 juillet 2011 dans Regard

Le pays des sarmale, de la zacusca et des covrigi a toujours été un espace d’échanges et de cohabitation entre des peuples d’horizons très divers. En témoignent les membres des 17 minorités officiellement reconnues par l’Etat, dont les ancêtres ont longtemps eu le statut « d’étrangers ». Qu’ils soient hongrois, rroms, allemands, ukrainiens, tatares, juifs, arméniens ou encore lipovènes, tous sont aujourd’hui des citoyens roumains à part entière et bénéficient d’une représentation au parlement.

Ces dernières décennies, de nouveaux migrants animés par des motifs avant tout économiques sont venus enrichir ce multiculturalisme. Sous le communisme d’abord, la Roumanie a offert des bourses d’étude à des dizaines de milliers de jeunes arabes originaires de Palestine, de Syrie ou encore de Jordanie. Leurs diplômes d’ingénieurs et de médecins en poche, ceux-ci sont massivement rentrés chez eux mais une petite partie est restée pour travailler et fonder une famille. Certains ont même demandé la naturalisation (voir plus bas). A la révolution, cette première vague d’immigration arabe a trouvé un second souffle avec l’arrivée d’hommes d’affaires venus essentiellement de Syrie, d’Irak et du Liban.

Comme eux, de nombreux investisseurs étrangers ont été séduits par les perspectives de développement très prometteuses qu’ouvrait la révolution de décembre 1989. L’implantation de multinationales ou de PME américaines, françaises, britanniques, allemandes ou italiennes a ainsi fait exploser le nombre d’expatriés. Ceux-ci se sont structurés en communautés à Bucarest mais aussi en province.

C’est aussi dans les années 1990 que la communauté chinoise, l’une des cinq plus importantes aujourd’hui, a posé les bases d’une immigration économique durable. D’abord avec des petits entrepreneurs ouvrant des commerces et des restaurants. Puis avec des projets de grande ampleur comme celui du complexe commercial Dragon rouge en bordure de Bucarest. Actuellement, des promoteurs roumains et chinois construisent aussi le futur « China Town » qui comprendra des logements, des écoles, des bureaux et des banques. Mais l’immigration chinoise se caractérise aussi par un afflux conséquent de travailleurs peu qualifiés qui pallient le départ massif des travailleurs roumains vers l’Europe occidentale et l’Amérique du Nord.

L’adhésion de la Roumanie à l’Union européenne en 2007 a également fait exploser le nombre de demandes de « récupération de la citoyenneté » ; un dispositif qui existe depuis 1991 (voir encadré) et qui permet à de nombreux ressortissants moldaves mais aussi israéliens ou ukrainiens de « redevenir » des citoyens roumains… et donc européens. S’il n’existe pas encore de statistiques et d’études sur l’inclination de ces personnes à rester en Roumanie, il est certain que beaucoup choisissent de travailler dans des pays membres de l’UE où les salaires sont nettement supérieurs.

Notons enfin que les étrangers ne choisissent pas la Roumanie que pour des motifs économiques mais aussi politiques. Des milliers de Macédoniens qui ont fui le nord de la Grèce lors de la Guerre civile grecque (1946-1949) aux centaines de Tunisiens et de Libyens qui ont demandé l’asile en 2011 dans le contexte des révolutions arabes, beaucoup trouvent en Roumanie un refuge contre les persécutions politiques et les violences militaires dont ils sont victimes dans leur pays d’origine.

Devenir roumain…

Des milliers d’étrangers s’adressent chaque année à l’Autorité nationale pour la citoyenneté afin d’obtenir la nationalité roumaine. Et la tendance est à la hausse depuis l’entrée de Bucarest dans l’Union européenne en 2007. Sur les quelques 100 000 demandes de naturalisation qui ont été acceptées ces vingt dernières années, plus de 28 000 l’ont été entre 2008 et 2010. Les Moldaves sont les plus nombreux à demander et à obtenir cette nationalité. A l’instar des Juifs, des Ukrainiens ou des Bulgares, ils bénéficient en effet d’une loi dite de « récupération de la citoyenneté » qui prévoit que ceux qui étaient sujets du royaume de Roumanie avant la Seconde guerre mondiale et qui ont été dépossédés de leur citoyenneté contre leur gré peuvent « redevenir » roumains, tout comme leurs enfants et leurs petits enfants.

Plus généralement, si en matière de citoyenneté, c’est le droit du sang qui prévaut en Roumanie, les personnes qui vivent dans le pays depuis 8 ans ou qui sont mariés avec un citoyen roumain depuis au moins 5 ans peuvent aussi demander la nationalité. Ces délais sont même divisés par deux pour les ressortissants de l’Union européenne (UE), les réfugiés, les personnalités reconnues sur le plan international et les hommes d’affaires qui ont investi plus d’un million d’euros dans le pays. Dans tous les cas, plusieurs autres conditions sont nécessaires : avoir 18 ans et plus, ne pas avoir commis de délit les rendant « indignes » de devenir roumains, posséder une connaissance basique de la langue et de la culture roumaines ou encore connaître la Constitution et de l’hymne de la Roumanie.

Nombre d’étrangers résidant officiellement en Roumanie au 31 mars 20111

1- Moldaves : 17 612

2- Turcs :  8939

3- Italiens : 8121

4 – Chinois : 6995

5- Allemands : 6127

6- Français : 4453

Source : Bureau roumain de l’immigration

 

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4 Réponses to “L’immigration récente en Roumanie”

  1. Rinso 1 septembre 2011 à 19:33 #

    Voici un article très intéressant !

  2. vila 8 décembre 2011 à 13:46 #

    je suis étonné de voir qu’il n’y ai aussi peu de moldaves sur le territoire roumain. Ou alors on ne compte pas tous le monde. Il est vrai que la moldavie est un vestige de l’ere du communisme stalinien. ou en est d’ailleurs le rattachement de la moldavie a la mere patrie. Quitte a dissocier la transnitrie qui serait rattahé a l’ukraine ou la russie.

    en moldavie, il n’ont toujours pas tranché : ostrogyre ou wisigyre.
    c’est dommage on gagnerais plus en visibilité

  3. vila 8 décembre 2011 à 13:53 #

    bonjour

    De la meme maniere, je suis etonné que l’on ne compte pas les hongrois. Car les hongrois ne sentent pas roumains ils ont la magyrité dans la peau.
    Meme s’il est vrai que certains tsiganes disent etre hongrois pour etre considere comme minorités alors quye ce sont des roms.

    Y a til presque 100ans apres le congres de sevres une envie de rattachement de la part des hongrois qui sont majoritaire du coté de timisoara ou arad ou oradea.

    merci

  4. koffi judicael 31 juillet 2014 à 22:38 #

    salut j’aimerais savoir comment faire et quelle dossier fournir vivre en roumanie?? merci de me repondre :

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