L’Union européenne contestée en Moldavie

28 Nov

Par Mehdi CHEBANA

Les communistes moldaves ont manifesté samedi dernier contre le choix présenté à leur pays  : 
signer les accords de libre-échange avec Bruxelles ou l’union douanière proposée par Moscou.

Bruxelles a promis à la Moldavie la libéralisation des visas dès l’an prochain

Article publié le 27 novembre 2013 dans L’Humanité

La nuit tombe sur le poste frontière d’Ungheni, dans l’ouest de la Moldavie. Un train entre en gare. Une dizaine de mécaniciens s’affairent. Lampe fixée sur leur bonnet en laine, ils doivent répartir les wagons sur plusieurs voies, les surélever et remplacer les essieux. De l’autre côté de la rivière Prout, frontière naturelle avec la Roumanie et l’Union européenne (UE), les chemins de fer sont en effet plus étroits que dans les anciens pays soviétiques. L’opération dure près de deux heures. « L’Occident, ça se mérite ! » résume un passager quadragénaire.

À la fois ancrée à l’Est et tournée vers l’Ouest, la Moldavie s’apprête à parapher les accords d’association et de libre-échange avec Bruxelles, étape préalable à une éventuelle signature à l’automne 2014. « C’est un moment important pour notre pays mais le marathon est loin d’être fini », a récemment prévenu le premier ministre libéral-démocrate Iurie Leanca.

Affaiblie par un bilan médiocre, discréditée par plusieurs scandales de corruption, sa coalition au pouvoir depuis quatre ans peine à convaincre la population. Seule la moitié des Moldaves seraient favorables aux accords de Vilnius avec l’UE, les autres préférant l’union douanière proposée par Moscou, selon plusieurs sondages. Car si l’UE est aujourd’hui le principal partenaire commercial de la Moldavie, elle est talonnée de près par la Russie.

« Nous ne pouvons pas nous permettre d’abandonner un partenaire pour un autre », nous a confié le communiste Vladimir Voronine, chef de l’opposition et ancien président de la République (2001-2009), en marge d’une manifestation antigouvernementale organisée par son parti samedi à Chisinau. Plus de 15 000 personnes ont dénoncé les accords de Vilnius à cette occasion. « Cela va prendre une dizaine d’années avant que nos produits répondent aux normes européennes, alors que de l’autre côté, ils peuvent circuler sans problème », a souligné l’ancien chef d’État, qui avait initié le processus de rapprochement avec l’UE, harmonisant plus de 200 lois tout en gardant des relations privilégiées avec la Russie.

Aujourd’hui, la Moldavie est d’autant plus divisée que Bruxelles lui promet la libéralisation des visas dès l’an prochain tandis que Moscou boycotte depuis septembre l’un de ses principaux produits à l’exportation : le vin. Rongée par la pauvreté, l’émigration massive et les problèmes posés par la République sécessionniste de Transnistrie, elle se trouve comme coincée à un nœud ferroviaire.

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