Jeux olympiques d’hiver : aujourd’hui Sotchi, demain Brașov ?

5 Fév

Par Mehdi CHEBANA

Brașov ambitionne d’organiser un jour les Jeux olympiques. Un pari un peu fou dans un pays qui manque d’infrastructures et de champions de sports d’hiver. Pourtant, la route n’est plus si longue. Entretien avec Ioan Dobrescu, le secrétaire général du Comité olympique et sportif roumain.

Brașov a déposé sa candidature pour organiser les JO de la jeunesse en 2020

Publié le 15 décembre 2013 dans Regard

Regard – La cité carpatique peut-elle réussir son pari ?

Ioan Dobrescu. En tout cas, elle en prend le chemin. En collaboration avec trois communes voisines (ndlr. Râșnov, Predeal et Fundata), elle a notamment organisé en février 2013 le Festival olympique de la jeunesse européenne. C’est une compétition de sports d’hiver qui a réuni plus de 900 jeunes de 14 à 18 ans qui sont venus tout le continent. Et bien, elle a su montrer à cette occasion qu’elle pouvait accueillir de grands événements. De l’avis des Comités olympiques européens, c’était l’édition la plus réussie jusqu’ici.

Pas mal d’argent a été investi dans les infrastructures (ndlr. plusieurs dizaines de millions d’euros en deux ans), les bénévoles ont été formidables et le public a suivi. Imaginez, 4000 spectateurs ont assisté au concours de saut à ski ! Forte de ce succès, Brașov a déposé fin novembre sa candidature pour organiser les JO de la jeunesse en 2020. C’est un nouveau défi car cette fois, il s’agira d’accueillir deux fois plus de jeunes sportifs qui, eux, viendront du monde entier. Lausanne est notre concurrente directe mais nous pouvons croire en nos chances.
La voie vers l’organisation de JO pour adultes serait alors toute tracée. Mais il faut encore faire preuve de patience et de pragmatisme avant d’y parvenir.

Regard – Comment expliquez-vous que les sports d’hiver soient encore si peu développés dans un pays de montagnes comme la Roumanie ? 

Ioan Dobrescu. On le doit en grande partie au régime communiste qui les considérait comme des sports de riches et n’a pas massivement investi dans les infrastructures. Cela a encore des incidences aujourd’hui sur la popularité de ces disciplines mais aussi sur nos performances. Certains de nos représentants aux Jeux olympiques sont ainsi obligés de vivre à l’étranger, faute d’équipements. C’est le cas de nos spécialistes de bobsleigh, de luge et de skeleton. Mais les patineurs et les skieurs s’entraînent aujourd’hui dans de bonnes conditions, ici, au sein de leur club. Car nous avons fait d’énormes progrès ces dernières années. Les collectivités locales ont notamment compris l’intérêt économique qu’elles avaient à agrandir leur domaine skiable et à investir dans des équipements flambant neufs. Non seulement, cela fait venir plus de skieurs amateurs, mais ça leur permet aussi d’organiser des compétitions internationales. Râșnov s’est récemment dotée d’un polygone pour le biathlon mais aussi d’un tremplin pour le saut à ski où se déroulera une étape de la coupe du monde en mars prochain. Ce sera une première ! Et puis, Brașov a désormais sa patinoire olympique et le domaine skiable de Poiana a été agrandi. Poiana qui, à mon sens, est l’un de nos meilleurs atouts pour 2020 car elle dispose d’une énorme capacité d’hébergement que, paradoxalement, nous devons aux communistes.

Regard – Dans son histoire, votre pays n’a remporté qu’une seule médaille olympique en sports d’hiver. Quelles sont vos objectifs pour les Jeux qui seront organisés à Sotchi du 7 au 23 février prochains ? 

Ioan Dobrescu. Une vingtaine de sportifs ont réalisé les barèmes pour aller en Russie. C’est à peu près notre moyenne pour des JO d’hiver. Nous aurons des représentants en biathlon, en ski alpin, en ski de fond, en patinage artistique et de vitesse mais aussi en luge, en bobsleigh et en skeleton, Il ne faut pas se leurrer, nous n’attendons pas de médaille. Ce serait déjà extraordinaire que l’un d’eux termine dans le top 10. Mais l’important c’est de participer, non ? Ce qui nous rassure, c’est que les efforts que nous déployons depuis quelques années porteront bientôt leurs fruits. Pas à Sotchi mais peut-être lors des Jeux suivants. Car plus nous développerons les infrastructures, plus nous organiserons de grands événements et plus le grand public prendra goût aux sports d’hiver. C’est comme ça que nous dénicherons les futurs talents. Et puis, nous avons déjà une jeune génération prometteuse. Lors du Festival olympique de Brașov, la Roumanie a remporté trois médailles. Avec une bonne préparation et un entourage solide, ces graines de champions devraient briller à l’âge adulte.

Propos recueillis par Mehdi CHEBANA

ENCADRE – Il y a 45 ans, le bronze en bobsleigh

Depuis sa première participation aux Jeux olympiques en 1900, la Roumanie a remporté 302 médailles, dont 88 en or. Un beau palmarès qu’elle doit notamment à la gymnastique, à l’aviron et à l’athlétisme, les trois disciplines dans lesquelles elle excelle le plus souvent. Mais s’ils parviennent à briller l’été, les Roumains n’ont décroché qu’une seule médaille olympique en sports d’hiver. C’était à Grenoble, en 1968. A la surprise générale, Ion Panțuru et Nicolae Neagoe avaient alors raflé le bronze en bobsleigh. Lors de ces mêmes Jeux, les deux hommes avaient failli doubler la mise en bob à quatre, terminant au pied du podium pour dix centièmes…

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