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Prendre le bus à Bucarest, une affaire d’initiés

10 Avr

Par Mehdi CHEBANA

Où s’arrête le bus ? A quelle heure passe-t-il ? Dans quel sens va-t-il ? Des questions simples qui relèvent pourtant du casse-tête pour le million de touristes qui visite la capitale roumaine chaque année…

L’arrêt Universitate, dans le centre de Bucarest

La photo du jour, un arrêt de bus de la place de l’Université, en plein cœur de Bucarest. Comme vous le voyez, il est très pauvre en informations. Pas de plan, pas d’horaires… Juste le numéro des neuf véhicules qui passent par là. Et encore, seuls les initiés savent dans quelle direction ils vont… A cinq mètres, il y a bien deux abris bus. Mais ils n’en diront pas plus aux étrangers et voyageurs d’un jour.

Et c’est le cas à peu près partout sur ce réseau géré par la Régie autonome des Transports de Bucarest (RATB). Avec ses 106 lignes de bus, ses 18 lignes de trolley et ses 23 lignes de tramway, c’est le quatrième réseau le plus dense d’Europe. Pour ne pas s’y perdre, il vaut mieux donc consulter un plan de la RATB avant de se déplacer. Ou alors, se fier aux habitués et aux agents qui délivrent et rechargent les cartes de voyage magnétiques, dans des petites cahutes grises facilement reconnaissables. Lire la suite

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Les Américains ont leurs hamburgers, les Moldaves leurs tourtes

5 Avr

Par Mehdi CHEBANA

Chișinău compte une dizaine de restaurants spécialisés dans les tourtes

LA PHOTO DU JOUR… des tourtes aux pommes de terre et aux champignons ! L’un de mes péchés mignons en Moldavie. Souvent, j’en achète à de vieilles paysannes sur les marchés. C’est bon, c’est chaud et ce n’est pas cher : une dizaine de lei moldaves, soit environ 60 centimes d’euro. Je suis aussi un inconditionnel des restaurants « La Placinte » à Chișinău.

C’est une chaîne qui s’est justement spécialisée dans les tourtes. Elle en propose au fromage (je vous glisse une recette ici), au bacon, à la citrouille, aux pommes, à la cerise… Autant de plaisirs simples et bourratifs que l’on engloutit sur fond de musique traditionnelle, dans la chaleur de décors boisés.  Mais la carte propose aussi un savoureux mariage entre la cuisine russe, avec la solianka ou les pelmeni à la crème fraîche, et les plats balkaniques – des tocăniţe aux papanaşi en passant par les irrésistibles sarmale. Lire la suite

Le rouble transnistrien, symbole d’un Etat fictif

27 Mar

Par’ Mehdi CHEBANA

En 1994, la Transnistrie s’est dotée d’une monnaie artificielle qui n’a aucune valeur hors de ses frontières. Ce rouble n’est reconnu par aucun pays au monde, à l’image de l’indépendance que les autorités de Tiraspol ont proclamée il y a un quart de siècle. Pourtant, c’est aussi une réalité palpable…

Le visage d’Alexander Souvorov sur le billet d’un rouble transnistrien

Depuis quelques années, je garde dans mon porte-feuille un étrange billet orange valant un rouble transnistrien, soit cent pièces d’un kopeck. Il me rappelle mon dernier séjour en Transnistrie, cette petite bande de terre qui a fait sécession de la Moldavie en 1991 mais qui en fait toujours partie officiellement.

Côté pile, le visage d’Alexander Souvorov, dernier généralissime de l’Empire russe, encensé pour n’avoir perdu aucune bataille au cours de sa longue carrière. Ce grand stratège, auteur de la Science de la victoire, apparaît également sur les billets de 5, 10 et 25 roubles émis par la Banque républicaine de Transnistrie. Côté face, un dessin du mémorial de Chițcani. Ce gros village, l’un des plus anciens de Moldavie, a été le théâtre de violents combats en 1992, lors de la guerre civile qui opposa les séparatistes de la région à l’armée régulière moldave. Lire la suite

Pelmeni et colțunași, que cachent les raviolis de Moldavie ?

2 Fév

Par Mehdi CHEBANA

Plat de colțunași

Des colțunași fourrés à la pomme de terre avec leurs petits oignons caramélisés. Des pelmeni de porc recouverts de crème fraîche. Voilà deux plats qui font mon bonheur lors de mes séjours en Moldavie. C’est bon, ça tient au corps et ça coûte une bouchée de pain : une vingtaine de lei moldaves pour les premiers (1,20 euro), une quarantaine pour les seconds. Mais pour moi, colțunași et pelmeni restent aussi une énigme.

Comment se fait-il qu’on utilise deux mots différents pour désigner les mêmes carrés de pâte farcie cuits à l’eau et fourrés avec à peu près tout ce qu’on veut ? Dix ans que je cherche sans trouver de réponse satisfaisante. Au départ, je croyais que c’était en raison du bilinguisme répandu à l’est de la rivière Prout. « Colțunași » est un mot roumain probablement dérivé d’un régionalisme signifiant « grosses chaussettes » (sic !) Quant à « pelmeni », c’est le mot russe. Le problème, c’est que les deux figurent ensemble sur les cartes des restaurants, comme s’il existait une différence fondamentale. Lire la suite

Les Roumains, mangeurs de Roms depuis un demi-siècle

21 Jan

Par Mehdi CHEBANA

(©Roumanophilie/Mehdi Chebana)

LA PHOTO DU JOUR… des barres chocolatées Rom dans un supermarché de Bucarest ! Il y en a des biscuitées, aux raisins secs, au caramel ou encore à la vanille. Mais toutes sont fourrées à la crème de rhum selon une recette imaginée en 1964. C’est le principe de ces friandises que, personnellement, je trouve écœurantes. Elles laissent en effet un goût amer et pâteux dans la bouche… Pourtant, beaucoup de Roumains en raffolent. Lire la suite

Végétalisme, abstinence et spiritualité : les orthodoxes roumains à l’heure du carême

6 Déc

Par Mehdi CHEBANA

Pendant 40 jours, les Roumains adaptent leur vie quotidienne aux recommandations de l’Eglise. Pour la moitié d’entre eux, Noël ne se résume pas à une grande fête de la consommation. 

Des produits végétaliens dans un supermarché roumain

A l’approche de Noël, les Roumains ne partent pas seulement en quête de jouets et de boîtes de chocolats. Beaucoup font aussi le plein de produits végétaliens. Car pendant 40 jours, ils bannissent de leur alimentation viande, œufs, lait, crème, miel et tout ce qui en contient. Le calendrier orthodoxe précise aussi, à côté du nom des saints, les jours où l’huile, le poisson et le vin doivent être exclus des repas.

Ce carême de Noël – qui a commencé le 15 novembre et se terminera le 24 décembre au soir – serait suivi par la moitié des orthodoxes du pays, à en croire plusieurs sondages récents. Plus ou moins assidûment, tous se préparent au grand repas célébrant la naissance de Jésus mais cherchent aussi à respecter le jeûne suivi par Moïse sur le Mont Sinaï avant de recevoir les dix commandements. Lire la suite

Les confiseries Bucuria, l’autre richesse de la Moldavie

12 Nov

Par Mehdi CHEBANA

Boutique de bonbons Bucuria sur le boulevard Stefan cel Mare à Chisinau

(©Roumanophilie/Mehdi Chebana)

Aujourd’hui, je vous emmène dans une boutique de confiseries Bucuria à Chișinău ! Ouverte depuis l’époque soviétique, c’est pour moi une étape incontournable lors de mes voyages en Moldavie. J’aime ses décors en bois désuets et les tenues rouges ornées de dentelles que portent ses vendeuses. J’aime observer la joie des bambins qui poussent ses portes mais aussi celle des adultes qui, dans un élan attendrissant, retombent systématiquement en enfance. J’aime enfin l’explosion de couleurs, de saveurs et de fragrances qui émanent de ce temple de la gourmandise.

Bonbons, chocolats, pâtes de fruits, pralines, dragées, gaufrettes… Au total, plus de 450 sortes de confiseries sont proposées. Mes préférées : les « Meteorits », un savoureux mélange de miel, de cacahuètes et de chocolat ! Toutes ces douceurs vendues au poids sont fabriquées à Chișinău dans une usine qui fonctionne depuis 1946. Lire la suite