Tag Archives: Crise

Les prêteurs sur gages prospèrent en Roumanie

27 Mar

Par Mehdi CHEBANA

Un établissement de prêt sur gage à Iasi

(©Roumanophilie/Mehdi Chebana)

LA PHOTO DU JOUR… l’un des nombreux établissements de prêt sur gage de Iași, que l’on appelle ici case de amanet ! Les Roumains s’y ruent à l’heure où les banques rechignent à leur accorder des prêts à la consommation.

Le principe est simple : on apporte un bijou, un téléphone portable, un ordinateur, un appareil électroménager ou même une voiture. Un expert estime sa valeur et vous accorde sur le champ un prêt correspondant à peu près à la moitié de celle-ci. Lire la suite

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La poste roumaine mise en vente

24 Juil

Par Mehdi CHEBANA

Le gouvernement roumain s’est engagé l’an dernier à accélérer la privatisation de Poșta Română. Mais pour le moment, aucun investisseur n’est prêt à racheter cette entreprise endettée, peu rentable mais qui dispose pourtant d’un grand potentiel.

Depuis 150 ans, Poșta Română, est chargée de la distribution du courrier en Roumanie

Publié le 16 juillet 2013 dans Regard

Entreprise publique cherche désespérément acquéreur… Voilà plus d’un an que le gouvernement du social-démocrate Victor Ponta tente de privatiser Poșta Română, la compagnie nationale chargée depuis 150 ans de la distribution du courrier et du service postal universel. Mais son offre – 51% des parts détenues par l’Etat roumain, contre une augmentation de capital d’au moins 150 millions d’euros – n’a toujours pas trouvé preneur.

Minée par des problèmes de gestion, Poșta Română a accumulé 120 millions d’euros de pertes ces quatre dernières années et elle doit en tout 151 millions d’euros, dont près de 60 millions à l’administration fiscale. De quoi freiner les investisseurs potentiels. Lire la suite

Le processus de privatisation s’accélère en Roumanie

20 Juin

Par Mehdi CHEBANA

Les nouvelles privatisations, décidées par le gouvernement du social-démocrate Victor Ponta, menacent 17 000 emplois en Roumanie. Ces mesures économiques réclamées par le FMI, Bruxelles et la Banque mondiale, qui ont déjà poussé à réduire le droit du travail chez le dernier entrant de l’UE, visent au total une dizaine d’entreprises publiques, dont l’une fortement symbolique : la poste. 

Une dizaine de compagnies nationales sont en cours de privatisation en Roumanie

Publié le 20 juin 2013 dans L’Humanité dimanche

Qu’elle porte ou non sa tenue bleue marine de factrice, Cristina ne peut pas arpenter le vieux Bucarest sans recevoir un clin d’œil, un sourire, un mot gentil. « Je suis une star locale ! », lance-t-elle, amusée. Depuis 24 ans, cette brune énergique assure deux tournées quotidiennes à pied, soit « six kilomètres, sans compter les escaliers ! ». Elle distribue lettres et colis mais remet aussi directement en liquide les pensions de retraite et les aides sociales des usagers. Ce sont là les missions principales des 32 000 postiers de Roumanie.

Et comme beaucoup de ses confrères, Cristina va plus loin. Elle prête souvent une oreille attentive aux personnes isolées et apporte médicaments et journaux à celles qui ne peuvent plus se déplacer. Elle rend service… « Je partage les joies et les drames de mes usagers, un peu comme si j’étais de leur famille, résume la quinquagénaire qui touche 250 euros de traites mensuelles, soit 80 euros de plus que le salaire minimum légal. Lire la suite

Médecins : le chassé-croisé franco-roumain

29 Nov

Par Mehdi CHEBANA et Laurent GESLIN

Dans les campagnes françaises et dans certains quartiers urbains, les rares installations de médecins généralistes ne compensent pas les départs à la retraite. Pourtant, les députés ont aboli, le 13 avril dernier, les seules mesures un peu contraignantes qui existaient contre la désertification. Inquiets, les élus locaux multiplient les initiatives et recrutent des praticiens jusqu’en Roumanie — où nombre d’étudiants français partent se former…

Article récompensé par le Prix Louise Weiss du journalisme européen

Publié en mai 2011 dans Le Monde diplomatique

Dans le petit bureau du service d’oto-rhino-laryngologie (ORL) de l’hôpital Saint-Spiridon, les visages sont graves. L’une des internes vient de présenter sa démission — une de plus. « Bientôt il ne restera plus personne, soupire la docteure Gina Stegaru. Il faut pourtant que quelqu’un s’occupe des gens qui vivent ici, de nos amis, de nos familles. » Dans les couloirs, quelques personnes âgées patientent sur des bancs. Par la fenêtre, un vent d’hiver balaie la cour enneigée.« Exercer ici n’est pas seulement un métier, c’est aussi une vocation humanitaire », insiste la praticienne.

Situé en plein cœur de Iasi, une grande métropole du nord-est de la Roumanie, l’hôpital Saint-Spiridon existe depuis plus de deux cent cinquante ans. Il est l’un des plus vieux établissements publics de santé du pays, et l’un des plus importants. Il compte deux mille cinq cents salariés, cinq cents médecins internes et quarante spécialités. Une vraie poule aux œufs d’or pour les recruteurs étrangers qui rôdent dans les couloirs. Lire la suite

Un président introuvable en Moldavie

14 Mar

Par Mehdi CHEBANA

Aucune force politique n’a la majorité requise pour élire un président

Publié le 14 mars 2012 dans L’Humanité

Prospérité, renouveau, espoir… L’arrivée du printemps est un moment riche en symboles pour les Moldaves. À Chisinau, la capitale, on se précipite déjà auprès des marchands ambulants pour acheter de petits 
porte-bonheur accrochés à des fils blanc et rouge. Seulement, les hivers passent mais la Moldavie, pays le plus pauvre d’Europe, n’a toujours pas de président…

« C’est désespérant, lance une retraitée sur un marché bondé, nos politiciens passent leur temps à se faire la guerre. » Depuis le printemps 2009, l’ancienne République soviétique, coincée entre la Roumanie et l’Ukraine, tourne au ralenti, au rythme des échecs répétés de ses députés à élire un chef de l’État. Vendredi 16 mars, le Parlement fera de nouveau une tentative, la septième en trois ans. Proposé par l’Alliance pour l’intégration européenne (AIE) actuellement au pouvoir, 
Nicolae Timofti, le président du Conseil supérieur 
de la magistrature, sera seul en lice pour la fonction suprême. Mais ses chances sont minces. Lire la suite

Emil Boc, la marionnette roumaine du FMI sortie de la scène

9 Fév

Par Mehdi CHEBANA

Emil Boc

Publié le 9 février 2012 dans L’Humanité

La colère de milliers de manifestants, les pressions de l’opposition, les dissensions grandissantes au sein de sa formation… Tout poussait Emil Boc vers la sortie. Le Premier ministre roumain a fini par jeter l’éponge lundi, devenant le septième chef de gouvernement de l’Union européenne (UE) à payer le choix de l’austérité. Dès sa nomination fin 2008, cet ex-professeur de droit a été chargé par le président Basescu, son principal soutien en politique, de gérer les effets désastreux de la crise mondiale sur l’économie roumaine.

Mission qu’Emil Boc, la cinquantaine, a exécuté froidement. En trois ans, il a mis en place la pire « cure » d’austérité de l’UE pour satisfaire le Fonds monétaire international (FMI) et Bruxelles en contrepartie d’un prêt global de 20 milliards d’euros. Appliqué et dévoué, il est qualifié par ses détracteurs de « marionnette de Basescu et du FMI ». « Il a su imposer sa marque, analyse le politologue Cristian Pîrvulescu, puisque c’est lui qui a eu l’idée de court-circuiter le Parlement pour adopter ces réformes draconiennes. » Lire la suite

Manifestations anti-rigueur en Roumanie : la situation en temps réel

6 Fév

Par Mehdi CHEBANA

(©Roumanophilie/Julia Beurq)

Depuis plusieurs mois, des manifestations ont lieu quasiment tous les jours en Roumanie. Je vous en parle aussi souvent que possible dans les colonnes de L’Humanité et de son hebdomadaire L’Humanité dimanche.  Certaines, organisées à l’appel des syndicats, sont de grande ampleur. d’autres sont plus spontanées et beaucoup moins suivies. Il faut dire que le plan d’austérité adopté par le gouvernement de centre-droite est l’un des plus durs de l’Union européenne et que la pléthore de réformes mises en place notamment pour satisfaire le FMI  et l’Union européenne (travail, éducation, administration, justice etc.) a eu le don de pousser à bout une large frange de la société roumaine.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la vague de contestation qui s’est emparée, depuis jeudi 12 janvier, de Bucarest et de la plupart des grandes villes du pays. Cette fois, l’élément déclencheur, « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase » comme l’assènent les manifestants, a été la démission du fondateur du service médical d’urgence, Raed Arafat, à la suite d’une  dispute avec le président Basescu sur un projet controversé de réforme de la santé. Grosso modo, le chef de l’Etat se posait en fervent défenseur de la privatisation du SAMU et de l’ouverture du système à des assureurs privés, ce qui n’était pas du goût de Raed Arafat. Les premières manifestations commencent alors, réunissant quelques centaines de personnes à travers le pays. Le président Basescu retire le projet, sans doute soucieux de ne pas fâcher encore plus l’électorat à quelques mois des élections législatives. Lire la suite