Tag Archives: Histoire

La Roumanie en photos : la mine de Cacica

20 Août

Par Mehdi CHEBANA

Située en Bucovine, sur la route des monastères classés au patrimoine mondial, Cacica est l’une des cinq mines de sel les plus visitées de Roumanie. Un site étonnant creusé par des ouvriers polonais à la fin du XVIIIe siècle.

(©Roumanophilie/Mehdi Chebana)

Publié le 20 août 2016 sur Roumanophilie

« Attention, il ne fait que 15 degrés, la lumière est faible et il y a des centaines de marches qu’il faudra remonter ! » C’est sur cette mise en garde du caissier que commence une extraordinaire plongée dans le quotidien de ces mineurs d’autrefois. On est d’abord admiratif devant le travail titanesque qu’ils ont abattu. Soixante kilomètres de galeries creusées au seul moyen de marteaux et de burins.

On y découvre aussi leur grande ferveur à travers deux chapelles, dont l’une, catholique est consacrée à Sainte Barbe, ainsi que les visages d’Adam, Eve ou Jésus sculptés sur les parois au goût de sel. On imagine aussi la belle convivialité qui régnait là les jours de congé avec, à une quarantaine de mètres sous terre, la salle de bal et le lac salé qui attiraient les habitants du village de Cacica et de toute la région. Plus bas enfin, d’immenses cavités où l’on a longtemps entreposé de la charcuterie. Aujourd’hui, des familles viennent s’y détendre et y faire du sport sur des terrains aménagés. Lire la suite

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Et Iași devint la capitale de la Roumanie

26 Mar

Par Mehdi CHEBANA

Le Palais Cuza de Iași

(©Roumanophilie/Mehdi Chebana)

LA PHOTO DU JOUR… le Palais Cuza dans le cœur historique de Iași ! Nous sommes le 27 août 1916, en pleine Première Guerre mondiale. Le jeune royaume de Roumanie sort de sa neutralité et entre en guerre contre l’Allemagne et l’Empire austro-hongrois. Appuyées par l’armée russe, les troupes du roi Ferdinand Ier lancent l’offensive sur la Transylvanie. Mais les forces de l’Axe conte-attaquent par le sud et Bucarest est prise par les Allemands en décembre. Il faut trouver une capitale provisoire au pays.

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Les Roms à la loupe

11 Sep

Par Mehdi CHEBANA

La moitié des Roms travaillerait au noir et les deux tiers n’auraient pas de revenus stables

Publié le 15 octobre 2010 dans Regard

Le terme « Roms », ou « Rroms », désigne un ensemble de populations originaires du nord-ouest de l’Inde qui partagent une langue et une culture ayant évolué différemment au contact des autres peuples. Fuyant leur région d’origine au Moyen-Age pour des raisons toujours inconnues, ils vivent principalement en Europe mais on les retrouve aussi en Turquie, en Iran, en Amérique ou encore en Australie. Leur langue, le romani, est le témoignage vivant de leur origine indienne : elle est riche d’au moins 900 racines sanskrites et hindi et comporte de nombreuses similitudes avec l’indien moderne.

Les Français les appellent « Manouches » ou « Romanichels », les Anglais  « Gypsies », les Espagnols « Gitans »…. Plusieurs mots pour un même peuple dont le nom officiel est bien celui de « Roms ». C’est ce terme signifiant « être humain », qui a été retenu lors du premier Congrès international des Roms, en 1971.  Contrairement aux idées reçues, les Roms ne sont pas des « gens du voyage » : dès le Moyen-Age, une majorité d’entre eux a adopté un mode de vie sédentaire, sauf en France et en Grande-Bretagne. Enfin, le terme « tsigane » utilisé en roumain est péjoratif. Le dictionnaire explicatif de la langue roumaine en fait un « épithète désignant une personne aux mauvaises habitudes ». Lire la suite

Librairie : Un Etat en quête de nation – La République de Moldavie

21 Jan

Par Mehdi CHEBANA

Publié en 2010 aux éditions Non Lieu

Vingt ans après la proclamation de son indépendance, la République moldave est toujours là, son maintien ne manquant pas de désavouer ses détracteurs. L’Etat moldave, devrait-on plutôt dire en parlant de ce pays de quatre millions d’habitants enclavé entre l’Ukraine et la Roumanie, puisque la nation moldave continue à être traversée de tendances contradictoires et à faire l’objet d’âpres controverses.

Pourtant, la moldavité a été promue tous azimuts, surtout par les dirigeants du Parti des communistes de Moldavie au pouvoir entre 2001 et 2009. La sortie d’empire entamée à la faveur de l’implosion du système soviétique a soulevé de nombreux problèmes, ajoutant au malaise créé par les retrouvailles ratées avec la Roumanie voisine. Lire la suite

Comment la Roumanie justifiait les « évacuations » de Roms

14 Nov

Par Mehdi CHEBANA

La Roumanie du maréchal Ion Antonescu a lancé, au printemps 1942, une vaste campagne de déportations en Transnistrie. Sur les 25.000 Roms « évacués », 11.000 ont péri en raison des conditions de vie terribles qu’ils enduraient dans les camps. Au total, au moins 220.000 Roms sont morts en Europe au cours de la Seconde Guerre mondiale, victimes de politiques d’épuration ethnique qui, comme en Roumanie, ne disaient pas toujours leur nom. Voici un extrait du Rapport final de la Commission sur l’Holocauste en Roumanie publié le 11 novembre 2004 [1].

Ion Antonescu

Le « recensement » organisé dans tout le pays par la police et la gendarmerie, le 25 mai 1942 (bien qu’initialement prévu le 31 mai), a été ordonné par le maréchal Antonescu [2]afin d’identifier les Rroms s’inscrivant dans la catégorie « Rroms à problème ».Ces derniers ont été enregistrés avec leur famille comme suit : les Rroms nomades et ceux qui parmi les Rroms sédentaires avaient un casier judiciaire, étaient récidivistes ou n’avait pas de moyens de subsistance ou d’activité définie leur permettant de s’auto entretenir.

Au total, 40.909 personnes ont été inscrites sur ces listes : 9.471 Rroms nomades et 31.438 Rroms sédentaires. Une ordonnance du ministre de l’Intérieur du 17 mai 1942 prévoyait que les Rroms figurant sur ces listes feraient l’objet d’un contrôle étroit des autorités locales et auraient interdiction de quitter le pays jusqu’à nouvel ordre. Les listes – recensant les Rroms des deux catégories par commune, ville et département – ont été envoyées à l’Inspection générale de la Gendarmerie. Les déportations qui allaient suivre ont ciblé les citoyens enregistrés lors de ce référendum. A quelques exceptions près, la plupart des 25.000 Rroms de Roumanie « évacués » en Transnistrie figuraient sur les listes constituées par la police et la gendarmerie à la fin du mois de mai. Lire la suite