Tag Archives: Patrimoine

Les charmes de la campagne roumaine en plein Bucarest

17 Mai

Par Mehdi CHEBANA

(©Roumanophilie/Mehdi Chebana)

Il n’est pas toujours facile de supporter Bucarest, son vacarme, sa pollution, le stress de ses habitants, le gris de ses immeubles communistes… Ceux qui y sont nés disent souvent aimer cette ville « sans limite »; les autres s’y habituent, ils apprennent à dénicher ses trésors, ses petits coins où finalement on se sent bien.

Mon oasis à moi, c’est le musée du village « Dimitrie Gusti ». Situé au bord du lac Herestrau dans le nord de la capitale, c’est un musée à ciel ouvert de 4 500 mètres carrés qui retrace la vie rurale et les traditions paysannes dans les différentes régions de Roumanie. On y déambule librement, dans le calme, à travers des allées bordées de fleurs où les poules paradent fièrement et les chatons se laissent bercer par les visiteurs attendris. Lire la suite

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A Constanța, le casino n’a plus rien de royal

14 Mai

Par Mehdi CHEBANA

Rien ne va plus ! Un siècle après son inauguration en grande pompe par le prince Ferdinand, le casino Art-nouveau de Constanța a des allures d’épave. Plus de sept millions d’euros sont nécessaires pour lui redonner son éclat. Mais les imbroglios administratifs et judiciaires se succèdent, retardant toujours plus le début des travaux.

(©Roumanophilie/Mehdi Chebana)

Publié le 14 mai 2016 sur Roumanophilie

L’emblème du plus grand port roumain sur la mer Noire est à l’abandon depuis 2010. Le temps et les assauts du vent usent la façade, brisent les vitres une à une et attaquent la ferronnerie. A l’intérieur, les murs se fissurent, la peinture s’écaille, les boiseries s’abîment. La plupart des meubles ont été retirés mais les lustres restent suspendus pour rappeler le faste d’antan.

Il faudra au moins sept millions d’euros (31,6 millions de lei) et sept ans de travaux pour permettre à cet édifice classé de faire peau neuve. Le prix d’un rêve que partagent les 280 000 habitants de Constanța. Ils sont las d’assister au spectacle de sa dégradation au beau milieu d’une digue où ils adorent se promener.  Lire la suite

En Transylvanie, le nouvel éclat des icônes sur verre

14 Avr

Par Mehdi CHEBANA

Depuis le XVIIIe siècle, de nombreux moines et paysans anonymes de Transylvanie fabriquent des icônes sur verre destinées à entretenir leur propre foi ou celle de leurs proches. Un musée regroupe, dans le petit village de Sibiel, l’une des plus grandes collections européennes en la matière.

(©Roumanophilie/Mehdi Chebana)

Publié le 15 mai 2010 dans la revue Regard

Avec sa vingtaine d’icônes et ses crucifix fixés au mur, le salon de Dorina Dutkai a des allures de petite chapelle au décor surchargé. Pourtant, cette retraitée de Brasov n’est ni une nonne ni une fanatique religieuse. C’est une artiste qui perpétue, depuis vingt ans, une tradition séculaire : la peinture des icônes sur verre.

« J’ai besoin de m’isoler un peu comme un abbé, parfois je m’enferme pendant des jours, mais je ne suis pas une bigote pour autant ! », lance l’ancienne ingénieure avec malice. « C’est juste que j’aime les icônes. Celles sur bois, je les trouve trop ternes, alors, je les reproduis sur verre. » Lire la suite

Mărţişor : comment les Roumains célèbrent l’arrivée du printemps

26 Fév

Par Mehdi CHEBANA

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Des mărţişoare

Comme chaque année, des millions de Roumains perpétueront, le 1er mars, une tradition millénaire marquant l’arrivée du printemps et que l’on appelle mărţişor. Le principe : hommes et femmes offrent à leurs proches de fines ganses formées de deux fils tressés, l’un blanc et l’autre rouge, auxquels ils attachent une petite figurine en laine, en bois ou en métal faisant office de porte-bonheur. Le rouge et le blanc mêlés représentent les deux saisons qui se mélangent encore.

La tradition, qui remonterait à l’Empire romain, prend des formes différentes selon les régions. En Bucovine, par exemple, ce sont les femmes qui offrent des mărţişoare aux hommes, le 1er mars, afin de leur assurer prospérité et bonheur pour toute l’année à venir. Mais le 8 mars, les hommes se rattrapent en offrant à leur tour de petits mărţişoare aux femmes qu’ils aiment. Lire la suite

Moldavie : le coeur de Komrat, en Gagaouzie, bat dans ses bazars

11 Jan

Par Mehdi CHEBANA

C’est dans les bazars que se concentre la vie urbaine de Komrat, la capitale de la région autonome de Gagaouzie, dans le sud de la Moldavie. Fruits et légumes, textiles, meubles, matériel high-tech, on trouve tout au Bazar central ou au Boudjak ! Dans cette ville cosmopolite et très pauvre – le revenu moyen n’excède pas 50 euros – il n’existe pas de centres commerciaux. Depuis la chute de l’URSS, les usines ont fermé, et les gens préfèrent faire du commerce que travailler dans les champs. Pourtant, la crise commence aussi à se faire sentir à Komrat.

(©Roumanophilie/Mehdi Chebana)

Publié le 11 juillet 2009 dans Le Courrier des Balkans

Deux avenues principales que montent et descendent des policiers en mal d’activité. Des maisons de campagne plantées en plein centre-ville. Un petit jardin public où cancanent quelquesbabouchki inusables. Et au milieu, une cathédrale jaune poussin coiffée de bulbes orientaux… Voilà à quoi ressemble Komrat au premier coup d’œil.

« C’est un trou à rats poussiéreux, un coin paumé, un gros village sans intérêt », s’acharne-t-on souvent à Chisinau. Et pourtant, Komrat, 26.000 habitants, capitale de la région autonome de Gagaouzie, est une ville qui grouille de vie. Pour s’en convaincre, il faut s’aventurer dans les allées du bazar central où des milliers de personnes affluent six jours sur sept. Par tous les temps. Lire la suite

Roumanie : la « danse des garçons » inscrite au patrimoine de l’Unesco

19 Déc

Par Mehdi CHEBANA

Sept ans après le căluş, une nouvelle danse traditionnelle roumaine vient d’être inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Réunissant des hommes de tous âges et de toutes origines, le joc fecioresc rythme depuis des siècles les fêtes des communautés rurales et urbaines de Transylvanie.

Depuis au moins le XVIe siècle, chaque communauté de Transylvanie possède son groupe de danseurs

Publié le 19 décembre 2015 dans Le Courrier des Balkans

Renforcer la cohésion sociale, favoriser le dialogue interculturel et bien sûr séduire les femmes… Voilà ce qui anime les participants à cette danse collective pratiquée lors des mariages, des grandes fêtes populaires ou des spectacles folkloriques.

Depuis au moins le XVIe siècle, chaque communauté de Transylvanie possède son groupe de danseurs qui cultive sa propre version de la « danse des garçons ». Mais dans tous les cas, un chef de danse forme le groupe tandis qu’un autre mène la cadence. Les danseurs baptisés feciorii sont roumains, rroms ou hongrois et ont entre 5 et 70 ans. Lire la suite

La Roumanie en photos : la cité médiévale de Sighișoara

1 Oct

Par Mehdi CHEBANA

Avec ses maisons colorées, ses rues pavées et ses nombreux cafés, Sighișoara est l’une des villes les plus coquettes de Transylvanie. Fondée au XIIe siècle par des colons saxons, elle est classée au patrimoine de l’Unesco. Mais c’est aussi un illustre enfant du pays qui attire sur place quelque 200 000 touristes chaque année.

(©Roumanophilie/Mehdi Chebana)

Publié le 1er octobre 2009 sur Roumanophilie

Dracula est en effet né ici, dans ce décor de carte postale. Il y a vécu entre 1431 et 1435 dans une grande bâtisse jaune, au cœur de la cité, qui fait aujourd’hui office de restaurant et de musée. A deux pas, la tour de l’horloge présente davantage d’intérêt. C’est l’une des 14 tours construites au XIVe siècle pour protéger Sighișoara (neuf d’entre elles tiennent encore debout). Elle abrite un musée d’histoire qui rend notamment hommage aux commerçants et aux artisans saxons qui ont fondé la cité. Elle offre aussi une superbe vue sur les toits en tuiles rouges et les forêts alentours.

Les amateurs d’histoire ne manqueront pas les imposantes églises catholiques, l’escalier couvert construit en 1642 pour protéger les écoliers de la pluie ainsi que le festival médiéval qui a lieu chaque année, le dernier weekend de juillet. Mais Sighișoara reste avant tout une ville où on prend son temps. Surtout hors saison, quand les touristes ont déserté. Quel plaisir de se perdre dans ses couleurs pastel et d’y savourer la délicieuse cuisine hongroise, goulash ou paprikash, servie dans la plupart de ses restaurants ! Lire la suite