Tag Archives: Santé

Roumanie : interdiction de fumer dans les lieux publics

31 Jan

Traduit par Mehdi CHEBANA

Le président Klaus Iohannis a promulgué, vendredi 29 janvier 2016, une loi anti-tabac beaucoup plus restrictive que celle en vigueur depuis 15 ans. Avec ce texte, la Roumanie devient le 17e État de l’Union européenne à bannir la cigarette des lieux publics.

33 000 Roumains meurent chaque année du tabac

Publié le 31 janvier 2016 dans Adevărul

Cette loi consacre l’interdiction totale de fumer dans les lieux publics clos parmi lesquels les bars, les restaurants, les écoles, les hôpitaux, les taxis ou encore les aires de jeux, qu’elles soient ou non en extérieur. Elle entrera en vigueur 45 jours après sa publication au Journal officiel et a été validée mercredi dernier par le Conseil constitutionnel.

Les prisons de haute sécurité font exception. Il sera aussi toujours possible de fumer dans des espaces spécialement aménagés, y compris dans les zones de transit des aéroports internationaux, à condition qu’ils ne mènent pas à des lieux publics clos. Ces espaces devront par ailleurs être dotés de systèmes de ventilation à pression négative fonctionnels permettant d’éliminer la fumée de cigarette mais aussi de cendriers, d’extincteurs et de panneaux avec l’inscription « coin fumeur ». Lire la suite

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L’ours des Carpates à la carte de restaurants roumains

19 Fév

Par Mehdi CHEBANA

Dans un restaurant de Bucarest, de la viande d'ours servie avec des champignons sauvages et de la sauce au vin

(©Roumanophilie/Mehdi Chebana)

LA PHOTO DU JOUR… de l’ours brun au menu d’un restaurant bucarestois ! Servi avec des champignons sauvages et une délicieuse sauce au vin, il fait le bonheur des amateurs de gibier mais aussi des touristes d’Europe occidentale qui sont souvent déconcertés à l’idée de manger la viande d’un plantigrade qui a disparu de leurs montagnes. Mais qui n’y renoncent pas pour autant ! Pour 65 lei, soit moins de 15 euros, j’ai moi-même tenté cette expérience culinaire. Lire la suite

Ţuica fiartă, le grog à la roumaine

15 Fév

Par Mehdi CHEBANA

La ţuică, l’alcool national roumain

LA PHOTO DU JOUR… une ţuică sur le feu pour faire un bon grog ! C’est le remède préféré de nombreux Roumains en cas de rhume ou d’état grippal. Il prémunirait même, croit-on ici, contre la pneumonie. En tout cas, je dois dire que je m’y suis mis avec beaucoup d’enthousiasme, il y a déjà quelques années. La ţuică, c’est une délicieuse eau de vie de prune dont la teneur en alcool dépasse les 30 degrés.

Une boisson traditionnelle qui fait la fierté de tout un pays et dont je vous parlerai plus amplement dans un prochain post. Mais l’important pour le moment, surtout en pleine saison hivernale, c’est que cette ţuică peut devenir une incroyable potion magique, un substitut efficace au paracétamol ou à l’aspirine. Versez en 150 ml dans une casserole, ajoutez une cuillère de miel, 5 clous de girofle et 6 grains de poivre noir, chauffez à feu doux sous un couvercle jusqu’à ébullition. Lire la suite

La Roumanie, pays de la protection sociale pas chère

7 Déc

Par Mehdi CHEBANA

Bucarest, qui a subi l’un des plans d’austérité les plus drastiques de l’UE, est champion d’Europe toutes catégories pour le niveau réduit de ses dépenses sociales. Une performance à ravir les néolibéraux mais qui cache d’hallucinantes galères.

Entre 800 et 1 100 enfants sont livrés à eux-mêmes dans les rues de Bucarest

Publié le 5 décembre 2012 dans L’Humanité

Une soupe bien chaude, des vêtements d’hiver, quelques couvertures… « Quelqu’un a pensé aux bonbons ? » Deux fois par semaine, avant la tombée de la nuit, les bénévoles de la fondation Parada s’assurent qu’il ne manque rien dans leur remorque. Pendant plusieurs heures, ils vont sillonner les rues de Bucarest, à la rencontre d’enfants et de jeunes adultes sans domicile fixe. Ils sont attendus avec impatience.

« Les voilà ! »… Le vieil utilitaire rouge et blanc de la fondation se gare sur l’immense boulevard de la Jeunesse, dans le sud de la capitale roumaine. Un petit groupe de gamins déboule en chahutant. Ils connaissent bien les bénévoles, qui organisent régulièrement pour eux des ateliers de cirque. « Ça fait plaisir de les voir, ils sont un peu notre famille », se réjouit Cristina, une jeune maman de dix-sept ans emmitouflée dans un manteau visiblement trop grand. Lire la suite

Médecins : le chassé-croisé franco-roumain

29 Nov

Par Mehdi CHEBANA et Laurent GESLIN

Dans les campagnes françaises et dans certains quartiers urbains, les rares installations de médecins généralistes ne compensent pas les départs à la retraite. Pourtant, les députés ont aboli, le 13 avril dernier, les seules mesures un peu contraignantes qui existaient contre la désertification. Inquiets, les élus locaux multiplient les initiatives et recrutent des praticiens jusqu’en Roumanie — où nombre d’étudiants français partent se former…

Article récompensé par le Prix Louise Weiss du journalisme européen

Publié en mai 2011 dans Le Monde diplomatique

Dans le petit bureau du service d’oto-rhino-laryngologie (ORL) de l’hôpital Saint-Spiridon, les visages sont graves. L’une des internes vient de présenter sa démission — une de plus. « Bientôt il ne restera plus personne, soupire la docteure Gina Stegaru. Il faut pourtant que quelqu’un s’occupe des gens qui vivent ici, de nos amis, de nos familles. » Dans les couloirs, quelques personnes âgées patientent sur des bancs. Par la fenêtre, un vent d’hiver balaie la cour enneigée.« Exercer ici n’est pas seulement un métier, c’est aussi une vocation humanitaire », insiste la praticienne.

Situé en plein cœur de Iasi, une grande métropole du nord-est de la Roumanie, l’hôpital Saint-Spiridon existe depuis plus de deux cent cinquante ans. Il est l’un des plus vieux établissements publics de santé du pays, et l’un des plus importants. Il compte deux mille cinq cents salariés, cinq cents médecins internes et quarante spécialités. Une vraie poule aux œufs d’or pour les recruteurs étrangers qui rôdent dans les couloirs. Lire la suite

Manifestations anti-rigueur en Roumanie : la situation en temps réel

6 Fév

Par Mehdi CHEBANA

(©Roumanophilie/Julia Beurq)

Depuis plusieurs mois, des manifestations ont lieu quasiment tous les jours en Roumanie. Je vous en parle aussi souvent que possible dans les colonnes de L’Humanité et de son hebdomadaire L’Humanité dimanche.  Certaines, organisées à l’appel des syndicats, sont de grande ampleur. d’autres sont plus spontanées et beaucoup moins suivies. Il faut dire que le plan d’austérité adopté par le gouvernement de centre-droite est l’un des plus durs de l’Union européenne et que la pléthore de réformes mises en place notamment pour satisfaire le FMI  et l’Union européenne (travail, éducation, administration, justice etc.) a eu le don de pousser à bout une large frange de la société roumaine.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la vague de contestation qui s’est emparée, depuis jeudi 12 janvier, de Bucarest et de la plupart des grandes villes du pays. Cette fois, l’élément déclencheur, « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase » comme l’assènent les manifestants, a été la démission du fondateur du service médical d’urgence, Raed Arafat, à la suite d’une  dispute avec le président Basescu sur un projet controversé de réforme de la santé. Grosso modo, le chef de l’Etat se posait en fervent défenseur de la privatisation du SAMU et de l’ouverture du système à des assureurs privés, ce qui n’était pas du goût de Raed Arafat. Les premières manifestations commencent alors, réunissant quelques centaines de personnes à travers le pays. Le président Basescu retire le projet, sans doute soucieux de ne pas fâcher encore plus l’électorat à quelques mois des élections législatives. Lire la suite

Roumanie : deux ans de réformes et de mobilisation contre la rigueur

21 Jan

Par Mehdi CHEBANA

(©Roumanophilie/Mehdi Chebana)

Depuis deux ans, les autorités roumaines multiplient les réformes et les mesures drastiques pour sortir leur pays de la crise et satisfaire les exigences du Fonds monétaire international (FMI) et de l’Union européenne qui leur ont accordé un prêt de 20 milliards d’euros. Cette cure d’austérité, l’une des pires de l’Union européenne, a suscité la colère des syndicats qui ont organisé plusieurs rassemblements d’ampleur dans le pays mais aussi, plus récemment, l’indignation de milliers de Roumains asphyxiés par la rigueur. Lire la suite