Tag Archives: Traditions

Les charmes de la campagne roumaine en plein Bucarest

17 Mai

Par Mehdi CHEBANA

(©Roumanophilie/Mehdi Chebana)

Il n’est pas toujours facile de supporter Bucarest, son vacarme, sa pollution, le stress de ses habitants, le gris de ses immeubles communistes… Ceux qui y sont nés disent souvent aimer cette ville « sans limite »; les autres s’y habituent, ils apprennent à dénicher ses trésors, ses petits coins où finalement on se sent bien.

Mon oasis à moi, c’est le musée du village « Dimitrie Gusti ». Situé au bord du lac Herestrau dans le nord de la capitale, c’est un musée à ciel ouvert de 4 500 mètres carrés qui retrace la vie rurale et les traditions paysannes dans les différentes régions de Roumanie. On y déambule librement, dans le calme, à travers des allées bordées de fleurs où les poules paradent fièrement et les chatons se laissent bercer par les visiteurs attendris. Lire la suite

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En Transylvanie, le nouvel éclat des icônes sur verre

14 Avr

Par Mehdi CHEBANA

Depuis le XVIIIe siècle, de nombreux moines et paysans anonymes de Transylvanie fabriquent des icônes sur verre destinées à entretenir leur propre foi ou celle de leurs proches. Un musée regroupe, dans le petit village de Sibiel, l’une des plus grandes collections européennes en la matière.

(©Roumanophilie/Mehdi Chebana)

Publié le 15 mai 2010 dans la revue Regard

Avec sa vingtaine d’icônes et ses crucifix fixés au mur, le salon de Dorina Dutkai a des allures de petite chapelle au décor surchargé. Pourtant, cette retraitée de Brasov n’est ni une nonne ni une fanatique religieuse. C’est une artiste qui perpétue, depuis vingt ans, une tradition séculaire : la peinture des icônes sur verre.

« J’ai besoin de m’isoler un peu comme un abbé, parfois je m’enferme pendant des jours, mais je ne suis pas une bigote pour autant ! », lance l’ancienne ingénieure avec malice. « C’est juste que j’aime les icônes. Celles sur bois, je les trouve trop ternes, alors, je les reproduis sur verre. » Lire la suite

Mărţişor : comment les Roumains célèbrent l’arrivée du printemps

26 Fév

Par Mehdi CHEBANA

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Des mărţişoare

Comme chaque année, des millions de Roumains perpétueront, le 1er mars, une tradition millénaire marquant l’arrivée du printemps et que l’on appelle mărţişor. Le principe : hommes et femmes offrent à leurs proches de fines ganses formées de deux fils tressés, l’un blanc et l’autre rouge, auxquels ils attachent une petite figurine en laine, en bois ou en métal faisant office de porte-bonheur. Le rouge et le blanc mêlés représentent les deux saisons qui se mélangent encore.

La tradition, qui remonterait à l’Empire romain, prend des formes différentes selon les régions. En Bucovine, par exemple, ce sont les femmes qui offrent des mărţişoare aux hommes, le 1er mars, afin de leur assurer prospérité et bonheur pour toute l’année à venir. Mais le 8 mars, les hommes se rattrapent en offrant à leur tour de petits mărţişoare aux femmes qu’ils aiment. Lire la suite

Moldavie : le coeur de Komrat, en Gagaouzie, bat dans ses bazars

11 Jan

Par Mehdi CHEBANA

C’est dans les bazars que se concentre la vie urbaine de Komrat, la capitale de la région autonome de Gagaouzie, dans le sud de la Moldavie. Fruits et légumes, textiles, meubles, matériel high-tech, on trouve tout au Bazar central ou au Boudjak ! Dans cette ville cosmopolite et très pauvre – le revenu moyen n’excède pas 50 euros – il n’existe pas de centres commerciaux. Depuis la chute de l’URSS, les usines ont fermé, et les gens préfèrent faire du commerce que travailler dans les champs. Pourtant, la crise commence aussi à se faire sentir à Komrat.

(©Roumanophilie/Mehdi Chebana)

Publié le 11 juillet 2009 dans Le Courrier des Balkans

Deux avenues principales que montent et descendent des policiers en mal d’activité. Des maisons de campagne plantées en plein centre-ville. Un petit jardin public où cancanent quelquesbabouchki inusables. Et au milieu, une cathédrale jaune poussin coiffée de bulbes orientaux… Voilà à quoi ressemble Komrat au premier coup d’œil.

« C’est un trou à rats poussiéreux, un coin paumé, un gros village sans intérêt », s’acharne-t-on souvent à Chisinau. Et pourtant, Komrat, 26.000 habitants, capitale de la région autonome de Gagaouzie, est une ville qui grouille de vie. Pour s’en convaincre, il faut s’aventurer dans les allées du bazar central où des milliers de personnes affluent six jours sur sept. Par tous les temps. Lire la suite

L’ours, la chèvre et la petite charrue…

22 Déc

Par Mehdi CHEBANA

Quand l’année touche à sa fin, la même fable bruyante et haute en couleurs s’écrit en Roumanie et en Moldavie. C’est le colindat, un joyeux porte-à-porte entre rite païen et ferveur religieuse. Depuis 2013, il est inscrit au patrimoine immatériel de l’Unesco.

Un timbre aux couleurs du colindat

Un dimanche matin, blotti au fond de mon lit dans les quartiers ouest de la capitale roumaine, je suis réveillé par un vacarme de tous les diables. Je me traîne jusqu’à la fenêtre. Entre les barres d’immeubles usées par le temps, une petite troupe de rigolos parade en tapant sur des tambours, en sifflant à tue-tête et en exécutant des pas de danse assez disgracieux. Encore à moitié endormi, je crois aussi apercevoir deux chèvres multicolores et deux ours avec des pompons rouges accrochés aux oreilles…

Au même moment, on s’agite dans ma cage d’escalier. Six bambins en habits traditionnels font du porte-à-porte. Plus de doute, il s’agit des colindători, en français « ceux qui marchent en chantant ». Ils proposent à ceux qui veulent bien ouvrir, ce qu’on appelle des colinde, des chants traditionnels de fin d’année. En retour, ils reçoivent des petits pains baptisés colaci, l’équivalent chez nous des cougnous. Lire la suite

Roumanie : la « danse des garçons » inscrite au patrimoine de l’Unesco

19 Déc

Par Mehdi CHEBANA

Sept ans après le căluş, une nouvelle danse traditionnelle roumaine vient d’être inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Réunissant des hommes de tous âges et de toutes origines, le joc fecioresc rythme depuis des siècles les fêtes des communautés rurales et urbaines de Transylvanie.

Depuis au moins le XVIe siècle, chaque communauté de Transylvanie possède son groupe de danseurs

Publié le 19 décembre 2015 dans Le Courrier des Balkans

Renforcer la cohésion sociale, favoriser le dialogue interculturel et bien sûr séduire les femmes… Voilà ce qui anime les participants à cette danse collective pratiquée lors des mariages, des grandes fêtes populaires ou des spectacles folkloriques.

Depuis au moins le XVIe siècle, chaque communauté de Transylvanie possède son groupe de danseurs qui cultive sa propre version de la « danse des garçons ». Mais dans tous les cas, un chef de danse forme le groupe tandis qu’un autre mène la cadence. Les danseurs baptisés feciorii sont roumains, rroms ou hongrois et ont entre 5 et 70 ans. Lire la suite

Couvre-chefs et chefs d’État en Roumanie : quand le pouvoir lance les modes vestimentaires

15 Jan

Traduit par Mehdi CHEBANA

De Michel le Brave à Traian Băsescu, les dirigeants roumains ont toujours eu une affection particulière pour les chapeaux et autres bonnets. Sensibles aux tissus et aux matériaux en vogue à l’étranger, certains ont même lancé de véritables modes vestimentaires en Roumanie. À de nombreux égards, cette tradition est pourtant bien plus politique qu’esthétique…

La cuşma de Michel le Brave

Publié le 9 octobre 2008 dans Cotidianul

Pour le critique de mode Ovidiu Bratu et l’anthropologue Alec Bălăşescu, l’analyse des vêtements d’une époque donnée est révélatrice des changements économiques et culturels d’un pays, de ses aspirations et de ses sources d’imagination aussi. Autrement dit, l’Histoire s’inscrit toujours dans du visuel.

« Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les grands seigneurs et dignitaires des provinces roumaines qui n’étaient pas encore unifiées ont été influencés par la mode ottomane », explique Alec Bălăşescu. « Ils portaient des barbes immenses, des turbans turcs mais aussi des bonnets aux accents byzantins, des fourrures et des tuniques [caftans] rappelant la mode musulmane. » Lire la suite