Flânerie curieuse au cimetière « Eternitatea » de Iași

23 Mar

Par Mehdi CHEBANA

Avec ses 50 000 tombes réparties sur 22 hectares, c’est le plus grand de la capitale moldave. Il suffit d’un besoin de quiétude pour que naisse le projet d’une errance à travers ses allées de pierre bordées d’arbres séculaires. Mais comme souvent dans les cimetières, l’errance se transforme rapidement en un voyage culturel captivant.

(©Roumanophilie/Mehdi Chebana)

Ici pour l’étranger, il y a d’abord le jeu des différences. On note sous les croix la présence quasi systématique d’un portrait du défunt, même pour les sépultures récentes. Pour protéger les cierges du vent, des petites boites sont également intégrées sous les épitaphes ou placées devant les tombes. Juste à côté, des tables et des chaises installées pour faciliter le recueillement des proches.

Inauguré en 1876 sur l’une des sept collines qui entourent la ville, le cimetière est jonché de vieilles sépultures. Le système de concession funéraire à la française n’existe pas en Roumanie. On y découvre aussi bien de grands caveaux familiaux délabrés que des croix de pierre en imitation bois suggérant l’humilité face à la mort.

Petite pause à l’ombre, derrière l’église Sfântul-Gheorghe. Nous ne sommes pas les seuls à être venus sans but. De jeunes couples ont aussi eu l’idée de sentir l’éternité tranquille. Et d’apprendre quelques petites choses au passage…

A l’instar d’autres grands cimetières roumains, « Eternitatea » abrite un caveau militaire dédié aux soldats français morts du typhus ou au combat lors de la Première Guerre mondiale. L’Histoire parle aussi à travers les tombes de personnalités au dessus desquelles trônent des bustes finement sculptés. Par exemple, celui de l’ancien ministre Mihail Kogălniceanu, homme politique éminent de la deuxième moitié du XIXe siècle.

Comme ma Normandie natale, la Moldavie a aussi vu naître ou s’épanouir de très nombreux écrivains dont certains reposent ici. Parmi eux, le philosophe Vasile Conta ou le poète George Topârceanu. Ion Creangă est là aussi. Tous seraient sans aucun doute entrés au Panthéon roumain, s’il avait existé.

Notre balade touche à sa fin. A deux pas de la tombe de Ion Creanga repose, dans un faste grossier, une jeune femme décédée en 2012. Elle avait fait la une des tabloids locaux après une injection de silicone qui avait mal tourné. Curieux voisinage pour l’un des maîtres de la littérature roumaine

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